Art & Fiction

Merian Verlag

 

 

 

 

 

 

  

 

  

 

Les listes de Rebecca

Lorsque je vivais en colocation, j’aimais cette promiscuité où se mêlaient intimité et distance. J’aimais le dialogue des corps à l’intérieur d’un espace. J’aimais apprendre, partager et observer l’autre. 

Rebecca, une de mes colocataires, inventoriait sur de longues listes ses habits : une première pour l’été, une deuxième pour l’automne et l’hiver, une dernière pour le printemps. En colonne figuraient ses pulls, ses pantalons, ses jupes et ses chemises. Aux habits, elle attribuait des noms imagés, la chemise-sage, ou géographiques, le pull-montagnard, en fonction de leur motif, de leur couleur, de leur style, ou bien encore en lien

avec le prénom de celle ou de celui qui les lui avait offerts, la jupe-Pauline.

Lorsque Rebecca enfilait son pantalon ou sa chemise, elle prenait soin d’écrire la date à côté du nom de l’habit. Ainsi, ne portait-elle jamais deux fois le même vêtement dans le mois, voire dans la saison. Cela lui permettait également d’établir des ensembles. Elle savait que le t-shirt-arbre s’accordait parfaitement avec le pantalon-paysage et que le pull-océan ne convenait pas à la jupe-train

Je ne lui ai jamais demandé d’où lui était venue cette idée. Face à ma surprise et à ma curiosité, elle m’avait permis de scanner ses listes.

“Peut-être en feras-tu un projet artistique.”, m’avait-elle dit.

Aujourd’hui, pensant à Rebecca, je l’imagine en culotte devant son armoire, consultant sa liste et composant des ensembles géographiques ou poétiques.

 

Mon voisin de mur

A Genève, j’avais deux voisins directs. Mon voisin de palier, Raoul, et un voisin de mur, un inconnu. Lorsque ce dernier rentrait le soir, il écoutait les messages enregistrés sur son répondeur. De mon lit, j’entendais les petits bips entre chaque message. Un bip prolongé et strident retentissait, suivi de la voix rapide, lointaine et imperceptible de l’interlocuteur. La voix n’était jamais assez forte pour que je puisse comprendre le message.

Mon voisin de mur se nommait Sébastien Baud. Dans l’annuaire, j’ai découvert sa profession, juriste, et son numéro de téléphone. Je lui ai laissé à mon tour un message sur son répondeur : “Bonjour, je suis votre voisine de mur. Le soir lorsque vous rentrez, j’ai la chance d’entendre la musique de votre répondeur, des bips et des voix inaudibles. J’avais envie d’être une fois, cette voix. Merci, au revoir.”

Depuis ce jour, je n’ai plus entendu plus les petits bips.

fffffffffXXX

Rebeccas Listen

Als ich in einer Wohngemeinschaft lebte, gefiel mir diese Nähe, die zugleich Grenzen hatte. Ich mochte die Dialoge der Körper im Inneren eines Raums. Ich liebte es zu lernen, zu teilen und den Anderen zu beobachten. 

Rebecca, eine meiner Mitbewohnerinnen, pflegte ihre Kleidungsstücke aufzulisten: eine Aufstellung für den Sommer, eine zweite für Herbst und Winter, eine letzte für den Frühling. In einer Tabelle waren ihre Pullis, Hosen, Röcke und Blusen aufgeführt. Den Kleidungsstücken verlieh sie bildhafte Namen, die brave Bluse zum Beispiel oder geografische wie den Gebirgspullover. Sie bezogen sich manchmal auf ein Motiv, die Farbe, den Stil oder auf den Vornamen der Person, die ihr das Teil geschenkt hatte wie Pauline’s Rock

Wenn Rebecca ihre Hose oder ihre Bluse anzog, achtete sie darauf, neben dem Namen auch das Datum auf die Liste einzutragen, sodass sie nie zweimal im Monat, ja nicht einmal pro Jahreszeit, das gleiche Outfit trug. So kombinierte sie die Stücke auch. Sie wusste, dass das Baum-T-Shirt in Form, Farbe und auch mit seinem Namen perfekt zu der Landschafts-Hose passte und der Ozean-Pulli nicht mit dem Zug-Rockharmonierte. 

Nie habe ich daran gedacht zu fragen, wie sie auf die Idee gekommen war.Auf meine Überraschung und Neugierde hin erlaubte sie mir, ihre Listen einzuscannen.

„Vielleicht benutzt du sie für ein künstlerisches Projekt.“, sagte sie. 

Wenn ich heute an Rebecca denke, sehe ich sie in Unterwäsche vor ihrem Spiegel stehen, wie sie ihre Liste zurate zieht und geografische oder poetische Kombinationen zusammenstellt.

 

Mein Wandnachbar 

Früher, in Genf, hatte ich zwei Nachbarn: Raoul, meinen Türnachbarn und einen unbekannten Wandnachbarn. Wenn er abends nach Hause kam, hörte er die Nachrichten auf seinem Anrufbeantworter ab. Von meinem Bett aus hörte ich die kurzen Pieptöne zwischen jeder Nachricht. Ein längerer, schriller Piepton ertönte, gefolgt von der schnellen, weit entfernten und kaum erkennbaren Stimme des Anrufers. Die Stimme war niemals so laut, dass ich die Nachricht verstehen konnte. 

Mein Nachbar hieß Sébastien Baud. Aus dem Telefonbuch hatte ich seinen Beruf - Jurist - und seine Telefonnummer herausgesucht. Ich hinterließ ihm meinerseits eine Nachricht auf dem Anrufbeantworter: „Hallo, ich bin Ihre Wandnachbarin. Immer wenn Sie abends heimkommen, habe ich das Vergnügen, der Musik auf Ihrem Anrufbeantworter, den Pieptönen und unverständlichen Stimmen zu lauschen, und ich hatte Lust, auch einmal diese Stimme zu sein. Danke, auf Wiederhören.“ 

Seit diesem Tag hörte ich die kleinen Pieptöne nicht mehr.

 

 

 

A4, graphite et crayon rouge sur papier

DINA4, Graphit und Rotstift auf Papier

 

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DINA4, Graphit und Rotstift auf Papier

 

 A4, Garphite et crayon rouge sur papier / DINA4, Graphit und Rotstift auf Papier

A4, graphite et crayon rouge sur papier

DINA4, Graphit und Rotstift auf Papier

  

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DINA4, Graphit und Rotstift auf Papier

 

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